Away from the sea
[barclay] electro
Faire de l’électro ne dispense pas, loin s’en faut, de composer de bonnes mélodies, des chansons efficaces ou des instrumentaux du même acabit. Sans passer pour un Noel Gallagher bas du front, on peut avancer le fait que c’est ce qu’oublient de nombreux groupes. Yuksek l’a en partie compris, et le montre avec des morceaux catchy comme « Extraball » ou « Away From The Sea ». A part de rares exemples (« I Could Never Be A Dancer »), les instrumentaux sonnent malheureusement comme étant en attente d’une mélodie ou d’une ligne de chant. Cet album ne déçoit pas, bien au contraire, mais Yuksek n’est pas non plus (pas encore ?) le nouveau Daft-Justice-Punk vendu par les médias avides de BPM, juste un mec qui sort du lot de la French Touch 2.0 (appellation pire que New Rave, soit dit en passant).
BA
La sélection du rédacteur
March of the zapotec
[pompeî records] folk orchestrée
Il est peu fréquent d’écouter une voix aussi jeune chanter de manière si affectée. La voix de Zach Condon ne peut que bouleverser, sans être misérabiliste. Les arrangements de trombone, violon, hautbois, bref de fanfare, en sont un écrin magistral. Le précédent album The Flying Club Cup, fut un sommet, un des grands albums de cette fin de décennie, sans exagération. Alors quand sur certains morceaux, l’on n’entend pas la voix du petit prodige, on se sent presque triste de ne pas pouvoir être mélancolique. Tandis que la première partie du disque suit la veine du dernier album, la deuxième partie du disque emprunte une voie plus synthétique, sans option klezmer ou fanfare, pour un résultat, et c’est incroyable, tout aussi bouleversant. Et pourtant, il faut le faire pour émouvoir avec un trombone. BA
La sélection du rédacteur
Cosmophono
[wagram] chanson cosmo
Dans un monde musical sclérosé où beaucoup traînent leurs références comme des boulets, nombreux sont encore ceux dont la musique ne ressemble à rien d’autre qu’à eux-mêmes. Lo’Jo est de cette espèce, tête chercheuse libre et discrète, convoyeur de chansons très singulières, qui donnent tout leur sens depuis 25 ans à la notion de métissage. Plus sombre que Bazar Savant, ce nouvel album continue d’offrir un univers ciselé dans un alliage de rêves et de souvenirs de voyages, entre influences africaines, tziganes, arabes et autres ailleurs similaires. Le violon gitan se mêle à la darbouka («Pays natal»), la clarinette klezmer à la kora («Sur l’océan»), mais la part belle est laissée aussi souvent à la voix de Denis Péan dans des textes d’une poésie bouleversante, où il est forcément question d’exil. Mieux qu’un disque, voici un atlas pour sillonner le globe. CT
La sélection du rédacteur
Pays sauvage
[Polydor] folk
A l’écoute de son premier album L’autre bout du monde sorti sous le label indé Fargo (Andrew Bird et Alela Diane…) on avait vu naître une perle anglo-française au vibrato singulier qui taquinait l’art de la chanson pop folk avec style et maturité. Piano-voix, a cappella ou orchestrée, elle inventait et trouvait son style. Bouleversante sur scène, elle révélait toute cette musicalité naturelle et envoûtante. Après le succès, la suite. Elle poursuit chez une major, avec un disque plus roots et plus fêtard, en faisant participer un pelle d’amis, pour sortir un Pays sauvage, au périple musical assez inattendu. Un opus de chansons blues gaie, qui passe du créole au tempo nègre au folk presque soul. Le tambourin remplace un peu le piano, et l’authenticité l’onirisme. On ronchonne de trouver sur son chemin un Fersen champêtre, et on arrive à bougonner à l’écoute du maloya partagé avec le grand Waro. On aime tellement Emily qu’on la voudrait en solo. DD
La sélection du rédacteur
Seules au bout de 23 secondes
[vicious circle] chanson rock
Il est rare de croiser antinomie aussi poussée, de voir dans la balance chaos et merveilles, pourtant Mansfield TYA prend un malin plaisir à souffler le chaud et le froid, à vous donner des frissons dans le cou pour mieux vous y planter ses crocs. Une voix fragile habitée de sombres pulsions, un riff de guitare sec et nerveux accompagnant une séquence de violon romantique, Julia Lanoë et Carla Pallone préfèrent ainsi cultiver les paradoxes qu’opter pour le consensus mou. Pas étonnant alors de penser en même temps à Dominique A (le son minimal et l’écriture introspective, période La Fossette) et à PJ Harvey (la sensualité électrique), de voir se côtoyer les univers de George A. Romero (Lointaine) et d’Henry Miller. C’est sur cette crête abrupte et sans concession que flotte l’album, brouillant les limites, ses qualités mélodiques lui donnant la force de ne jamais sombrer. CT
La sélection du rédacteur
D'Arradon
[arbouse recordings] chanson
Alors que l’on avait un peu trop vite circonscrit les disques de Le Coq dans le genre « nouvelle chanson française », le Nantais d’adoption livre un quatrième album où il semble s’être affranchi de cette ornière. Passé l’effet de surprise, on se délecte de ce d’Arradon comme d’une madeleine, sur le thème du « retour des années 1990 », Smog et Palace en tête, où les ballades folkcore se succèdent, la mélancolie pour seul guide. Soucieux de ne plus confondre sobriété et minimalisme, et aidé par une production impeccable (chœurs, cuivres et arrangements de cordes toujours précis jamais précieux), Le Coq en profite pour soigner les apôtres du « travailler plus », et s’afficher « objecteur de croissance » («L’ennui me convient», «Des bras à bas prix»). « Si tu te retrouves dans ce peu de choses, Je te donnerai mon univers », chante-t-il d’ailleurs sur Pas d’apparat. Cqfd.CT
La sélection du rédacteurDes bras à bas prix.
www.myspace.com/lecoqmusic
La sélection du rédacteur
Déjà l’un des festivals les plus excitants l’été, La Route du Rock remettait le couvert pour une quatrième édition de sa collection hiver à la programmation peut-être encore plus exigeante. Retour sur un week-end malouin riche en surprises.
Le festival commence en retard…pour moi. Tant pis pour Jeremy Jay et Chairlift. Juste le temps de se faufiler près de la scène, que débute déjà le concert de John & Jehn. Aperçu aux Transmusicales en décembre dernier, le duo français exilé à Londres impressionne toujours moins sur scène que sur disque. Une présence un peu faiblarde (les déhanchements à contretemps de Camille sur son orgue donnent un petit côté baloche de province un peu déstabilisant) qui prend de la hauteur quand la demoiselle décide d’enfourcher la basse. Le couple d’amants prend alors une tournure blues-rock presque extatique (l’enchaînement catchy Sister, 20L07), s’autorisant même une certaine théâtralité qui lui permet d’éviter toute mièvrerie. On pense inévitablement aux Kills, pour cette spontanéité lo-fi, ces boîtes à rythmes, et ces riffs de guitare abrasifs qui réussissent tranquillement à enflammer les premiers rangs de spectateurs jusque-là assez timides.
Ça démarre doucement ce samedi à l’Omnibus. Quelques impatients dans le public ont beau exiger du quatuor de Calgary (Alberta, Canada) un peu plus d’émotion sur scène, les «Enjoy yourself ! » restent vainset le set peine à décoller. La musique de Women, fantastique mille-feuille de psychédélisme électrique et de décharges dissonantes sur disque, s’avère ici souvent trop linéaire et dénuée de charisme pour rendre hommage au caractère épique de son essai inaugural. La platitude générale du son, trop sourd et froid, et l’absence totale de communication avec le public n’aideront pas le concert à enthousiasmer le public. Appelons cela un concert de rodage.
Pour la troisième édition, le Zénith de Nantes accueille les artistes de la région. Ce sont plus de 30 groupes ou 80 musiciens qui se partageront la scène. Le principe est simple : un artiste par couleur musicale est désigné et invite à son tour les groupes de son choix. On retrouvera en chefs de file, Eradicate (métal), François Robin (musique du monde), Francis et ses peintres (chanson/jazz), Jeanne Cherhal (chanson), Smooth (pop/soul), Minitel Rose et Pony Pony Run Run (électro).
Le 14 mars au Zenith à Saint-Herblain à 17h30 , 0/9€.
www.myspace.com/nantesauzenith
Attention à ne pas réduire le champ d’application d’un hip hop dont la culture ne cesse de s’épanouir. D’ailleurs, son expression musicale trop souvent raccourcie à un simple rap ne pouvait s’étoffer sans la rencontre avec l’électro. La preuve en live avec trois concerts à suivre le même soir au Vip, avec des artistes et des esthétiques différents. L’industrial hip hop de Dälek, le groovy urban hip hop d’Oddateee (photo) et l’hybride dub électro hip hop de Fumuj. A écouter pour comprendre.
Saint-Nazaire, le Vip, le 28/03.
www.myspace.com/levipmusic
Vincent Dupont est considéré comme l’un des grands talents du milieu chorégraphique d’aujourd’hui. Il se produit deux soirs dans le cadre de LiFE LIVE 2 pour deux pièces différentes Hauts cris (miniature) et Jachères Improvisations. La première travaille sur la représentation par le corps de l’espace et du son. La seconde est un spectacle visuel et sonore qui questionne le réel en travaillant sur la notion de rapprochement et d’éloignement.
Saint-Nazaire, au LiFE,
Hauts cris (miniature), le 27/03
Jachères Improvisations, le 28/03
www.lelife.org
La nouvelle création du Théâtre des Cerises est un opéra rock unique en son genre. L’histoire de Maxa, une actrice de grand-guignol qui s’apprête à faire ses adieux au public à l’occasion de sa 100 000e mort sur scène, accompagnée pour l’événement d’un groupe néo-post rock alternatif, Les Bobby Watson. Maxa cherche un final inédit ! Sur scène ce sont quinze artistes acteurs, chanteurs, comédiens et musiciens qui participent à cette pièce rock’n burlesque.
La Chapelle-des-Marais, Salle Krafft, le 26/03
www.myspace.com/theatredescerises
Un Pékinois inspiré, et un duo franco-canadien bricolo et barjo. Xiao He (photo) est reconnu pour ses performances folk musicales, improvisées ou écrites, en lien avec des médias comme le cinéma et la photographie. Vialka, qui vient de France et de nulle part, s’affranchi de toutes les familles connues en proposant une formule percu-guitare-chant qu’on range dans du singulier world punk rock.
Saint-Nazaire, VIP, le 27/03.
www.myspace.com/pekingxiaohe
www.myspace.com/vialka
Un jazz sérieux et déjanté ? Ce pourrait être la fantaisie d’Andy Emler. Ce passionné baroudeur de l’improvisation aime se laisser imprégner de jazz, de funk, de classique, de rock ou d’afro. Il passe à Saint-Nazaire avec huit jeunes complices qui répondent à ses maîtres mots : humour, jubilation et énergie. Une formation incorrigible et géniale !
Saint-Nazaire, Théâtre Jean Bart, le 26/03.
www.myspace.com/andyemler.com
Plateau métissé avec le Camerounais Simon Nwambeben, ex musicien de Royal de Luxe qui porte aujourd’hui une chanson qui dit et qui fâche. Lura, gracieuse et généreuse, rapporte du Cap-Vert une chanson qui s’inspire de la pop portugaise, des airs africains et des rythmes brésiliens.
Pornichet, Quai des Arts, le 21/03
www.myspace.com/luracriola.com
Quatrième édition du rendez-vous annuel des amateurs de reggae dub stepper et jazz sur Saint-Nazaire. Les Britanniques Mark Iration et Dennis Rootical alias d’Iration Steppas, l’un des meilleurs sound systems dub de la planète, joueront leur dub guerrier puissant sur le port. Le même soir, The Blackstarliners, High Bass, 2K et Psykokat.
Saint-Nazaire, Salle Jacques Brel, le 21/03
www.myspace.com/caprootss
Durant trois jours, on déambule dans les cafés de Pornic pour venir écouter les dix artistes pré-sélectionnés qui se produisent pendant vingt minutes, seul ou accompagné d’un instrumentiste.
Pornic, centre ville, du 20 au 22/03
www.myspace.com/pornic.fr
L’énorme bébé et roi du New York city blues est de retour avec sa strat 66. Au menu, un festin de hard-blues et de funk ricains qui raviera tous les amateurs. Avec un peu de chance, on aura droit à une reprise étirée de Hey Joe d’Hendrix, on sait que Popa lui a rendu hommage il y a peu.
Saint-Nazaire, VIP, le 10/03.
www.myspace.com/popachubby.com
Anne-Laure Rouxel est chorégraphe-danseuse et musicienne. Elle enregistre la boulangère et ses babas au rhum, le coq du matin au bord de la mer, la mare aux grenouilles, la mobylette… De tous ces sons, la danseuse s’imprègne et les écoute pour jouer à faire danser son corps. Une invitation à percevoir autrement les choses et les êtres du quotidien.
Saint-Nazaire, Théâtre Athénor, le18/03
www.athenor.com
Un effectif de neuf danseurs pour une grande pièce chorégraphique. Mathilde Monnier traite la forme très repérée dans l’histoire de la danse et de la musique : l’unisson. Tempo 76 serait ici une réponse par la danse, sur l’utilisation de l’espace, à construire ou à détruire, sur la place du danseur, seul ou avec les autres, dans son environnement.
Saint-Nazaire, au LiFE,
Tempo 76, le 14/03
www.lelife.org
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